Il est possible d’emprunter à dix ans à 1,46%. Un nouveau record, signale le site financier Moneypark. La panique post-Brexit a surtout influencé les taux à long terme. Sans doute insuffisant, toutefois, pour relancer la ruée vers la propriété.

C’est devenu une habitude. Une fois encore, les taux hypothécaires suisses battent des records.

Moneypark, le site zurichois de comparaison et de conseil financier, a indiqué mardi qu’il est désormais possible d’emprunter à taux fixe pendant dix ans à 1,46%. Il y a deux semaines, le précédent record en la matière se situait à 1,53%.

Début janvier, le même emprunt hypothécaire coûtait 1,9% d’intérêts annuels. Pour un montant de 500 000 francs, l’économie se monte à 2200 francs par année, calcule Moneypark. Soit 22 000 francs, pendant la durée de l’hypothèque.

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L’effet Brexit

Pour un prêt à quinze ans, le taux moyen, calculé sur la base des offres d’une trentaine de banques et d’assurances, plafonne désormais à 1,77%, contre 1,85%, quinze jours plus tôt.

Comment les taux peuvent-ils encore baisser? Le oui des Britanniques à une sortie de l’Union européenne, vendredi, a provoqué de grands mouvements sur les marchés financiers. La quête de valeurs refuges a orienté les investisseurs vers les obligations libellées en francs. Sur le marché des capitaux, les taux suisses à long terme ont encore baissé. Ce phénomène a réduit les coûts de refinancement des établisssements qui octroient des prêts.

Hors Brexit, l’autre explication, elle déjà avancée plusieurs fois par Moneypark, concerne la concurrence. Les assurances font de plus en plus d’ombre aux banques sur le marché hypothécaire. Et elles ne sont pas soumises aux mêmes règles du jeu.

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Le rêve devrait durer

A court terme, entre deux et cinq ans, les taux n’ont pas baissé mais restent à des niveaux historiquement bas: entre 1,1 et 1,14%. Le taux libor, indexé au taux du marché, se situe environ à 1%.

Cette situation exceptionnelle pourrait toutefois ne pas durer très longtemps, prévient Moneypark. «Dans ce marché très volatil, il est plus intelligent de conclure un prêt aujourd’hui que demain», écrit Stefan Heitmann, son directeur. Il ajoute pourtant qu’au vu de la conjoncture générale et de la politique expansionniste de la BNS, les aspirants propriétaires suisses devraient, à quelques points près, continuer de bénéficier de ces «conditions de rêves» pendant plusieurs années encore.

Pas assez de fonds propres

Après une décennie de hausse ininterrompue – de 44% en moyenne suisse, le segment de l’immobilier résidentiel commençait à montrer des signes de ralentissement, ces derniers mois. Cette nouvelle baisse des taux peut-elle relancer la surchauffe?

La plupart des experts ont la même réponse: le frein à l’acquisition d’un logement se situe ailleurs. D’abord, les prix sont aujourd’hui trop élevés. Dans le canton de Vaud par exemple, des calculs de la Banque cantonale montrent que seul trois ménages sur cent pourraient assumer les charges d’un logement à 1 million de francs. Ils étaient un sur quatre, en 2001.

Ensuite, les exigences de fonds propres – limitation du 2e pilier notamment – sont trop restrictives. Autrement dit, il y a encore des familles qui pourraient assumer ses charges, mais elles ne disposent pas d’un pécule de départ suffisant pour convaincre les banques de leur prêter.

Source: letemps.ch